Question sur les business angels

#1

Bonjour à tous,

J’ai du mal à comprendre clairement le mécanisme de prise de part des business angels (entrée au capital).

Je prends un exemple où je lance ma startup avec 30Ke d’économies. Un business angel séduit par le projet me propose 70Ke (donc plus que moi) pour arriver à un capital de 100Ke divisé en 100 parts de 1000€.

Je veux rester majoritaire donc peut-il apporter ses 70Ke en détenant moins de parts que moi ?

Si oui, disons que l’on tombe d’accord pour qu’il détienne 20% des parts (je prends le chiffre au pif), si je comprends il va toucher 20% des bénéfices de la startup chaque année.

Et ensuite comment se passe sa sortie ?

Si nous n’avons pas augmenté le capital de la société, et qu’il est d’accord pour vendre, je dois “juste” lui racheter ses parts au prix d’entrée ?

Merci d’avance :smiley:

#2

Bonjour;

Prenons le début.
Si ton investisseur apporte 70k€ pour 20% des parts, ton entreprise sera valorisée 350k€ (20% de 350k€ = 70k€).
Peu importe ce que tu avais apporté à l’origine.
Tes parts ont pris de la valeur c’est tout.
La valeur et le capital de l’entreprise n’ont pas de lien, donc pas besoin d’augmenter le capital juste pour le fun (si tu as besoin de grossir ton capital oui fait le mais sinon ne perd pas de temps).

La répartition des bénéfices est encore une fois différente et tout est contractuel ( = comme vous voulez = comme vous arrivez à vous entendre).

La sortie… grand moment qui se prépare lors de la contractualisation du partenariat.
La aussi c’est un contrat et ton investisseur est libre de te demander ce qu’il veut (dans la limite à ce que tu va accepter), mais il est très peu probable qu’il se contente de reprendre son capital tel quel juste en touchant les dividendes des années ou il était en place, car il aura pris des risques en te confiant lui aussi ses économies. (Si t’as des investisseurs prêt à faire ça, contacte moi car j’investis aussi, car ton projet est plus rentable qu’une chaîne de ponzi !)

À la sortie si tout se passe bien, la valeur de ton entreprise est une nouvelle fois augmentée.
Prenons l’exemple qu’un autre investisseur (ou même toi pkoi pas !) lui rachète pour 100k€ ses 20%. Ton entreprise comme par miracle sera valorisée 500k€.
Dans le cas inverse, si ton investisseur et prêt à se barrer coûte que coûte, et lâche ses 20% pour 50k€, ton entreprise ne sera plus que valorisée 250k€. Peut importe que tu ai un capital de 30k€ ou de 100k€.

#3

C’est une bonne question. Je suis preneur aussi si quelqu’un s’y connait.

#4

Bonjour,

Merci pour ces explications, j’ai appris pas mal de choses déjà.

Donc à priori tout se contractualise plus ou moins, il n’y a pas de règle figée entre capital / parts / bénéfices / valeur de rachat.

Alors en tant que startuper qui ne veut pas se faire prendre en otage par ses business angels, sur quels points être vigilant dans la négo ?

Leur laisser posséder le minimum de parts semble être un bon début non ?

#5

Attention à ta démarche.

Ce n’est pas simple. Il peut y avoir plusieurs clauses dans le contrat que tu vas faire avec tes business angel. Je serai toi, j’irai voir un expert comptable qui pourra te conseiller ou encore mieux un avocat spécialisé en droit des affaires, mais ne t’engage pas sans avis d’experts. Sinon tu vas être vraiment pris en otage.

#6

Bonjour Vallica,

Généralement les business angels ne prennent pas la majorité du capital pour ne pas démotiver les fondateurs.
Si tu lèves des capitaux tu consens à ouvrir le capital-actions de ta start-up et tu dois proposer une compensation à la prise de risque de l’investisseur. Il y a plusieurs façons de le rémunérer.

Généralement un business angel ne va pas toucher aux bénéfices de la start-up chaque année puisque idéalement les bénéfices de la jeune pousse sont réinvestis pour assurer son développement et donc sa valeur. Le business aguerri se rémunère surtout à la sortie du capital de la start-up (quand il revend ses parts) en espérant que depuis l’achat de celles-ci la start-up a pris une grande valeur. Certains business angels plus méfiants acceptent un pourcentage moindre d’actions de la société en échange d’une rémunération périodique (“un tiens vaut mieux que deux tu l’auras”). Mais toutes les combinaisons sont possibles et négociables.

Quoiqu’il en soit, il faut que l’investisseur et toi tombiez préalablement d’accord sur la valeur de la start-up avant l’investissement (valeur premoney). heureusement, la valeur premoney est souvent bien supérieure au montant du cash investi par le ou les fondateurs (donc ton projet vaut plus que tes 30K d’économies). Mais il faut savoir argumenter cette valeur premoney c’est-à-dire expliquer comment on a valorisé tout ce qui a été imaginé, conçu et développé jusqu’au moment où on sollicite un investisseur (études préalable, maquette, plans, prototype, tests…).

Tu trouveras plein de conseils sur comment choisir les business angels, comment se protéger de leur appétit vorace et comment partager avec eux le capital-actions de ta start-up en sachant au préalable comment valoriser tes sacrifices et tes efforts (qui ont souvent plus de valeur que les économies injectées dans un projet) dans le guide pratique : “Start-up : bien choisir ses associés et mieux répartir son capital-actions”.

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#7

Salut Vallica,
En fonction du montant investit et de l’état d’avancement de ta startup, un BA est ce qu’on appelle également un “early investor”. Le total des BA devrait prendre entre 10 et 20%, au grand max 30%.
Ils payent une valorisation de ta boite avantageuse, car ils prennent d’énormes risques (tu n’as généralement pas de revenus, peut-être un “POC” ou un “MVP” qui font leurs preuves).

Il faut que tu valorises ta société en “pre-money”, par exemple 600 k€, pour votre expérience, votre motivation, vos profils, et l’état d’avancement de votre projet.

Lui va investir par exemple 200 k€ en cash.

La valorisation “post money” sera donc de 600 (avant son arrivée) + son apport de 200 = 800 k€
Il aura donc 200/800 = 25% de la société pour son investissement.

Il faut absolument te faire accompagner, idéalement par des entrepreneurs aguerris, et également un cabinet d’avocats spécialisé.

Tu trouveras quelques contrat intéressants sur plusieurs plateformes, dont par exemple http://www.jurismatic.com/

Concernant sa sortie, il revend normalement au même prix que toi, c’est bien l’intérêt pour lui. Si tu lui rachete ses parts au prix d’entrée, il n’a aucun intérêt à prendre un risque!

Il y a plein de types de BA, certains sont “voraces” mais d’autres sont très bienveillants. Le BA est un élément essentiel dans la vie d’une startup. C’est celui qui prend le plus de risques après le fondateur.

Si tu veux quelques histoires autour de tout ça, je te recommande itunes.apple.com/fr/podcast/generation-do-it-yourself/id1209142994?mt=2

Merde pour ton projet!

A+
M/

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#8

Merci pour beaucoup pour ces explications claires, et notamment le principe de la valeur premoney que j’ai sous-estimé. En effet dans mon cas j’ai déjà auto-financé une première version stable de la solution (on parle de SaaS) et toute la communication autour du lancement qui sera fait bientôt. Donc je dois valoriser tout ça.

#9

Merci pour toutes ces explications ! J’en ai appris plus sur le sujet dans cette discussion qu’avec tout ce que j’ai pu lire ailleurs !

#10

Franchement merci, j’y vois plus clair sur le principe et l’importance de la valorisation “pre-money”.

Car j’étais parti en me disant que mon BA avec ses 40k€ allait se retrouver “à égalité avec moi” dans l’aventure si j’ai aussi 40k€ à investir, sauf que j’ai déjà un MVP et toute la comm prête pour le lancement. Donc au final j’ai bien plus que lui, même si son aide m’intéresse pour avoir de la tréso notamment (et du crédit pour les futurs investisseurs).

#11

Vallica,

Permets-moi une petite précision: quand tu écris “donc au final j’ai bien plus que lui” ce n’est pas exactement la réalité. En fait, au final tu vaux bien plus que les maigres économies que tu mets dans ton projet et c’est tout! Tu n’as encore rien prouvé et tu n’as pas encore convaincu l’investisseur de la valeur réelle de ton MVP et encore moins de ta “comm”. Ton MVP sans traction, sans étude de marché ciblée, sans enquête de terrain (recueil des feedbacks des premiers testeurs professionnels et clients) ne vaut pas grand chose et ta “comm” sans stratégie détaillée (offensive et défensive) et originale ne vaut pas tripette aux yeux d’investisseurs chevronnés.

Par ailleurs il est plus que probable que tu auras besoin de l’appui, du carnet d’adresses et de la bienveillance de ton investisseur, parce qu’il y aura presque certainement besoin d’une autre levée de fonds pour assurer le développement de ton projet. Et c’est là où tu te rendras compte du pouvoir de ton investisseur, quel que soit le pourcentage du capital qu’il détient. En effet, tout nouvel investisseur s’enquerra auprès de ses pairs dans la place (c’est-à-dire ton ou tes investisseurs historiques) de comment est l’ “ambiance” dans la start-up. Si ton investisseur pionnier est de mauvais poil pour une raison ou pour une autre il peut saborder toute nouvelle levée de capitaux, même en ne détenant que 2 ou 3 % de ta boîte.

Autre remarque: beaucoup de conseillers vont t’aiguiller vers des cabinets d’avocats. Dans le monde des startups, ces cabinets bénéficient ainsi d’une rente de situation assez lucrative (les pactes d’actionnaires et les NDA sont tarifés entre 3500 et…15 000 euros !) en promouvant auprès des porteurs de projet des documents qui les défendront face à la rapacité des capitaux-risqueurs. Mais je peux te dire que pour imposer à un investisseur ton propre pacte d’actionnaires et ton non disclosure agreement (accord de confidentialité) alors que tu n’es qu’un primo-entrepreneur: il faudrait vraiment que tu proposes une technologie originale protégée par des brevets déjà déposés et enregistrés, ou un produit/service que l’on s’arrache (un must have) ou un secret de fabrication inviolable etc.

Je l’ai vu des dizaines de fois, des primo-entrepreneurs qui après s’être vus claquer la porte par des investisseurs “indignés” se lamentent de l’argent stupidement dépensé pour des documents qui plutôt que les protéger, leur ferment les portes. Bref, les pactes d’actionnaires et les NDA ne sont pas à prescrire automatiquement à tout porteur de projet. Ce sont des contrats à n’utiliser qu’à des conditions bien précises au risque de devenir contre-productifs!

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#12

Bien noté, merci pour tous ces conseils précieux !

Team : CamilleBriceJulienVivianBorisXavierSteven.